LES FREINS RESTRICTIFS BUCCAUX 

Il existe trois types de freins : 

Le frein de langue
Le frein de lèvre supérieur ou inférieur
Le frein  de joue

Un frein est dit restrictif s’il perturbe la fonction. Pour la langue par exemple, on parle de frein restrictif quand il réduit les mouvement linguaux normaux. 

QUELLE EST LEUR ORIGINE ? 

Un frein est un résidu embryologique de tissu. Lors de 12ème semaine de vie in utéro, le phénomène d’apoptose cellulaire (mort cellulaire programmée) retire les cellules situées entre la langue et le plancher buccal. Nous avons exactement le même phénomène pour nos doigts qui au départ sont palmés. Dans certains cas cette apoptose est incomplète, les freins seront alors plus épais. 

Il est important de noter que la présence d’un frein, même plus épais  n’est pas la même chose que la présence d’un frein restrictif. 

OU SONT ILS SITUÉS ? 

Pour la langue il constitue la ligne médiane entre surface inférieure de la langue et le plancher buccal

Pour la lèvre il constitue la ligne médiane entre gencive et le milieu de de la lèvre supérieure ou inférieure mais la majorité du temps ou le retrouve au niveau de la lèvre sup. 

Pour le frein de joue c’est également un résidu de tissu mais entre la gencive et la joue. On peut en avoir plusieurs sans que ces derniers ne soient symétriques (2 à droites, un à gauche). 

LES SYMPTÔMES CHEZ LA MAMAN, LE BÉBÉ ET L’ENFANT :

Si la succion n’est pas correcte, cela peut entraîner les symptômes décrits plus bas. Une mauvaise succion entraine une mauvaise prise du sein d’où les engorgements possibles, mais cela entraine aussi une fatigue du bébé qui devra prendre tout le temps le sein. 

Cela peut dans certains cas provoquer une glande de lait car le corps de la maman n’étant pas bien stimulé, ce dernier peut arrêter de créer du lait. 

SYMPTÔMES CHEZ LA MAMAN :

  • Allaitement douloureux voir très douloureux
  • Présence de crevasse
  • Saignement
  • Utilisation de bout de sien à cause de la douleur
  • Mauvaise prise du sein 
  • Rejet du Sein
  • Engorgement
  • Mastite
  • Sensation de donner tout le temps le sein
  • Impact psychologique : déception, culpabilité, sensation d’être une mauvaise mère. 

Ces symptômes sont décrits lorsqu’un bébé présente un ou des freins restrictifs buccaux. Mais ils peuvent avoir d’autres origines. Afin de s’assurer de leur origine, il est important de prendre rdv avec une conseillère en lactation. 

SYMPTÔMES CHEZ LE BÉBÉ : 

Mauvaise prise du sein. Pas d’effet ventouse. 

  • Creusement des joues 
  • Mouvement excessif de la mâchoire 
  • Les petits têtes plus de 30 minutes. 
  • Endormissement au biberon ou au sien
  • Bruit de claquement durant la succion
  • Boule de succion (ampoule de succion) qui se retrouve au niveau de la lèvre supérieure. 
  • Réflexe nauséeux antérieur : Quand on place notre doigt ou un objet dans la bouche du bébé, dès le début du palais, le bébé va avoir le réflexe de vomir. Comme le bébé ne peux pas lever la langue au palais, rien ne touche son palais. Donc dès qu’on va poser quelque chose au niveau du palais, il va avoir envie de vomir et ce en étant un peu plus âgé. 
  • Corrélation entre frein de langue restrictif et aplatissement du crâne
  • Le bébé dort la bouche ouverte (porte d’entrée des infections ORL)
  • Le bébé ne peut pas garder dans certains cas la tétine en bouche
  • La pointe de la langue est en forme de coeur
  • Le lait coule par les commissures des lèvres : Ventouse non étanche. 
  • Langue blanche : Langue de lait ou pseudoeucolplasie. Quand le bébé le peut pas lever la langue au palais, celle ci devient blanche. À ne pas confondre avec le muguet. Dans le cas du muguet : présence de point blanc sur gencive et joue également. À vérifier avec le pédiatre en cas de doute 

SYMPTÔMES CHEZ L’ENFANT : 

Infection ORL chronique car bouche ouverte régulièrement. 

  • Trouble de l’oralité
  • Asymétrie du crâne 
  • Trouble du langage et trouble orthodontiques : difficulté à bien émettre certains sons. Motif de consultation fréquent. 
  • Déglutition compliquée 
  • Une langue qui ne se lève pas n’appuie pas suffisamment sur le palais. 
  • On va retrouver un palais creux car pas assez stimulé et modeler. 
  • Dans les cas de pleins de lèvre ou peux retrouver un espace inter incisive important : Dents du bonheur. 
  • Troubles musculo squelettiques : peuvent être également retrouvées chez l’adulte. 

LA FREINECTOMIE : 

Tout d’abord, la freinectomie n’est pas obligatoire, même si on a des freins restrictifs ! Parfois certains bébés ou jeunes adultes trouvent par eux même des moyens de compensation n’entraînant pas de troubles de la fonction. Mais si c’est le cas cette dernière peut se faire au laser ou au ciseau. Dans les deux cas les résultats sont les mêmes. Rapides et indolores. Au ciseau il peut y avoir un très léger alignement. 

Il est important de consulter des professionnels SPÉCIALISÉS en freins restrictifs buccaux. Si c’est mal ou pas suffisamment coupé, il faudra refaire une nouvelle freinectomie. 

Pour la freinectomie il est important de faire des exercices indispensables avant et après l’intervention : 

Chez la maman qui allaite : Faire des petits bâtons de lait et les placer sus la langue du bébé après la frinecomie. Le lait méternel étant très cicatrisant, ça accélère la cicatrisation après la freinectomie. 

Sur les jours qui suivent la freinectomie : Le bébé peut être perturbé au niveau de ça succion et moins prendre le biberon ou le sein, c’est totalement normal et transitoire. 

Pour certaines mamans qui donnent le sein, le freinectomie peut être miraculeuse et diminuer tout depuis suite les douleurs. Chez d’autres, cela peut prendre plusieurs jours voire semaine. 

COMMENT TESTER LES FREINS BUCCAUX ?

La règle d’or est que aucuns de ces tests ne doit être douloureux. Lors des tests nous allons apprécier la qualité de mouvement des tissus sous nos doit. Nous allons aussi nous intéresser aux amplitudes de mouvements. Pour les freins de langue et de lèvre la notion de symétrie sera importante. L’examen clinique visuelle est aussi important afin d e voir s’il y a une déviation de la langue à droite ou à gauche ou pour voir si la re pigmentation des freins est plus ou moins rapide (retrouvé la couleur rosée rapidement). 

COMMENT TESTER UN FREIN DE LANGUE ? 

TEST DU RÉFLEXE NAUSÉEUX

Avant d’insérer les doigts dans la bouche, on aborde la crâne dans la globalité, on peut descendre sur les cervicales puis tout doucement aborder es joues puis les lèvres et quand le bébé est en confiance nous pouvons tout doucement soulever la lèvre supérieure et délicatement passer derrière les gencives afin de placer les doigts au début du palais. Il est important d’être très doux car chez certains enfant, le réflexe nauséeux peut être très important. En effet chez un bébé ne pouvant pas placer sa langue au palais, ce dernier n’est jamais stimulé. Le contact d’un doigt ou d’un objet peut peut donc activer ce réflexe nauséeux de manière plus ou moins forte. 

Deuxième TEST : pour le frein de langue, on va sur la gencive du bas et on essaye de glisser le doigt sous la langue. Quand il y a un frein de langue antérieur restrictif ou non, il n’est pas possible de passer d’un coté à l’autre de la ligne médiane. 

Troisième TEST : On peut soulever un coté de langue et on regarde comment la langue réagit. 

Puis on met un doigt de part et d’autre de la langue médiane et on vient soulever la langue. Dans les cas de présence de frein, impossiblilité de soulever la langue et la membrane va plus ou moins blanchier. 

QUATRIÈME TEST : on chatouille la langue sur la droite et sur la gauche voir si elle se latérise ou non.

COMMENT TESTER UN FREIN DE LÈVRE ?

UN DOIT À GAUCHE ET UN DOIT À DROITE ENTRE LÈVRE SUPÉRIEURE ET GENCIVE. ON TESTE si on peut soulever ou non la gencive. 

Pour les joues : idem. On place les doigts entre la gencive et la lèvre. On se ballade le long de la gencive. En cas de frein, le doigt est bloqué. Il peut y avoir plusieurs membranes, donc quand on en rencontre une, on la passe et on va plus loin. Toujours sans douleurs. 

ATTENTION :Encore une fois, un frein même restrictif ne doit pas systématiquement être coupé. parfois certains enfant trouvent des systèmes de compensations. L’intérrogatoire autour de tous les symptômes va orienter les pédiatres ou ORL vers une freinectomie ou non. 

POURQUOI FAUT IL FAIRE CES EXERCICES ? 

C’est exercices ont pour but de rééduquer la langue ce qui permettra une meilleur cicatrisation. Il est important de les faire avant comme après la freinectomie.Il est indispensable de les faire, notamment après afin que la plaie ne puisse pas reformer une cicatrice et un frein. 

Avant la freinectomie : 2/3 fois par jour

Après la freinectiomie : 5/6 fois par jour

À faire sur les deux semaines qui suivent l’intervention

Les exos durent 30 secondes. Pas  besoin de le faire la nuit, sauf si le bébé est déjà réveillé afin d e ne pas perturber son sommeil. 

Ne pas le faire systématiquement avant un biberon pour que le bébé ne débute pas des troubles de l’oralité en associant prise du biberon avec une sensation désagréable. 

LES EXERCICES : 

On se positionne de la même manière que pour la phase de teste en exerçant une légère tension vers le haut sur la lèvre, comme si on souhaitait monter la lèvre vers le nez. 

POUR CE CE QUI EST DU FREIN DE JOUE : 

On se positionne exactement comme pour la phase de teste. Quand le doigt rencontre une membrane/frain on masse la zone. Toujours sans douleur. Puis on vient légèrement décoller la joue de la gencive pour mettre en tension ce frein de joue. 

On peut ensuite attraper la joue, et venir la mobiliser vers le haut, le bas et l’extérieur. 

POUR CE QUI EST DU FREIN DE LANGUE : 

Même position que sur le test. On essaye de faire passer le doigt de part et d’autre de la ligne médiane et exerçant une légère pression sur la membrane/frein toujours de droite à gauche. 

Puis on peut appliquer nos deux index de part et d’autre de la membrane et venir à plusieurs reprises décoller la langue du plancher buccal. 

Encore une fois ces exercices ne prennent que quelques secondes et sont tout à fait indolores. 

Lors des première semaines après la freinectomie, on n’appuie pas sur les plaies. On vient seulement la décoller sans appuyer dessus. 

Si vous voyez que sous la langue il y a un petit losange blanc ce n’est pas grave. On ne touche pas cette partie blanche qui cicatrisera. Une fois que cette zone qui s’appelle le diamant n’est plus blanche, alors on peut venir masser dessus quelques semaines après

PLACE DE L’OSTÉOPATHIE DANS LA PRISE NE CHARGE DES FREINS RESTRICTIFS :

Le but de l’ostéopathie est de lever toutes les dysfonctions pouvant rajouter des tensions. 

Bilan post freinectomie 3 jours après intervention

On revoit le bébé 3 semaines après pour vérifier la bonne cicatrisation 

On rééxplique aux parents les bons gestes. 

On travaille sur toutes les contraintes musculo squelettiques ayant pu s’installer suite à l’adaptation post intervention. 

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